To illustrate the narrative, Gwladys Alonzo projects the viewer to the heart of a drunkenness in Mexico. The structure of the exhibition unites recollections of the past like long immersions in the Mexican countryside, the work reminiscent of her voyages by train from Monterrey a Los Mochis, to those months spent in Oaxaca on the Pacific coast together and then with nights spent meandering through the streets of Mexico City. She alternates between points of views, cyclical references, parallel narratives, the juxtaposition and confusion between real actions and imagined ones. All of this together creates, in the spectator, a largely contemplative state, even slightly squiffy.

 

"The odors, the heat, the dust of Mexico, the weight of the climate. It can beat you. The immensity of the mountains, the density of nature, of the greenery. And especially Oaxaca, where the height of the mountains is impressive. But in the North, I felt a much deeper emotion: a gulf of an immensity of hollowness-- an emptiness. The landscape is so vast, and there you are in the middle of it all, alone, and it swallows you, it encompasses you. Mexico is savage and animal-- intense like you could lose control in an instance." - Gwladys Alonzo

 

The artist captures a moment, memorizes something temporary, and gives form to the landscape. "Aqui" is a hybrid piece, giving the illusion of construction, letting one believe the piece is still in progress, that nothing is set, and at any one moment she could continue to work on its evolution. Incidentally, Gwladys Alonzo's technique and work puts forth the relationship between an art form and construction materials, inspired by recent architecture and older concrete houses.

 

She was inspired by the town of Guadalajara for "Simulacre", a piece where the highlight is a rock found in the streets of the village. Alonzo tirelessly carried this stone with her that day to her studio, where she then covered the elongated piece with sheets of concrete, with the raw side leaving the form to evoke the framework of the city, while the painted white side represents the paint used on the houses in the village.

 

Following her travels north of Guadalajara just north of Jalisco, Alonzo arose the question of the surface of the earth and the texture and colors of the desert. The artist changes course and sets on a quest of insatiable mystique and hallucinations. "Extrait" focuses and evokes the idea of worship: a Guadalupe that shines bright with spirit or a temple in ruins at the top of a mountain.

 

Then the immensity of Mexico for Alonzo turned into a more disturbing feeling. "In Oaxaca, the tone was less serene and calm. I felt the need to put things on a more human scale: that of my body. I had at first a euphoria in regards to the spaces, but in Oaxaca, I no longer felt peace. I felt the terror connected to the spaces. Some moments, you feel the world affects you, and others you feel that it's you who affects the world. I chose to control and adapt it."

 

It is because of this that the artist captures the ground as an enveloping surface, a skin, a protective layer. “…it’s a history of surface and contact. My skin is the separation between the world and my body, as the surface of the floor divides the air from what is underneath,” says Alonzo and for “Hueco” she first sculpted the surface of a volcano.

 

Finally, Alonzo applied herself with force and carnality into this burning Mexican substance. But little by little, the monumental scale of her first pieces narrowed. The volcano can now be held in her hands, as if with time she calmly masters the material.

Anissa Touati

Pour déployer le récit, Gwladys Alonzo projette le spectateur au cœur même de l’ivresse du Mexique. La structure de l’exposition enchevêtre solidement les nombreux retours sur le passé, les longues immersions dans le paysage mexicain et les réminiscences de ses voyages en train de Monterrey à Los Mochis, de ses mois passés à Oaxaca sur la côte Pacifique ou encore à trainer dans les rues de Mexico city et ses périphéries. Elle alterne les points de vue, les références cycliques, les récits parallèles, la superposition et la confusion des actions réelles et des pensées, tout cela créant, chez le spectateur, un état largement contemplatif, voire légèrement éméché.

"Les odeurs, la chaleur, la poussière du Mexique, le poid du climat. Ca te tape. Comme le soleil qui te tape. L’immensité des montagnes, la densité de la nature et du vert. Et surtout Oaxaca où l’échelle des montagnes est surprenante .. Mais dans le nord, j’ai ressentie une émotion beaucoup plus profonde : un gouffre d’immensité, de creux, de vide. Le paysage est tellement vaste et nous sommes au milieu d’un tout, seul, ca t’aspire, ca t’englobe. Le Mexique c'est sauvage et animal, intense comme si tu pouvais perdre le contrôle à tout instant."

Gwladys Alonzo

L’artiste capture un moment, mémorise une temporalité et donne une forme au paysage. « Aqui » est une forme hybride, qui donne une illusion de construction, laissant penser que l’œuvre est toujours en cours, que rien n’est figé et qu’à tout moment elle peut la faire évoluer ou la poursuivre. De fait, la pratique de Gwladys Alonzo met en avant le paradoxe des formes et des materiaux de constructions, s’inspirant des architectures rescentes, des maisons en dalle de beton.

Elle s’est inspirée de la ville de Guadalajara pour «Simulacre», une oeuvre dont le socle est un caillou trouvé dans les rues de la ville. Elle l’a porté avec effort et éprouvement jusque dans son atelier. Alonzo l’a ensuite étiré jusqu’à épuisement créant autour une feuille de béton dont la face brute laisse apparaitre une partie du coffrage évoquant le quadrillage de la ville. La face blanche fait, elle, référence à la peinture utilisée sur les maisons de la ville.

Suite à son voyage au nord de Guadalajara dans l’état de Jalisco, Alonzo s’est posée la question de la surface de la terre et la texture et les couleurs du désert. L’artiste déambule et propose une quête insatiable mystique et hallucinatoire. « Extrait » évoque ici une idée du culte : une Guadalupe qui rayonne ou les ruines d’un temple en haut d’une montagne.

Puis l’immensité du Mexique pour Alonzo s’est transformé en sentiment plus inquiétant. « A oaxaca le climant était moins serein et calme. J’ai ressenti le besoin de mettre les choses à une échelle plus humaine : à celle de mon corps. J’ai eu au départ une euphorie de l’espace, mais à Oaxaca je n’étais pas sereine, j’ai éprouvé des terreurs liés aux espaces. De fait, par moment tu décides que le monde t’affectes et par moment tu décides que c’est toi qui affectes le monde. J’ai donc décidé de le contrôler et de l’adaptater"

Pour cela l’artiste a donc appréhendé le sol comme une surface enveloppante, une peau, une strate de protection. « .. c’est une histoire de surface et de contact. Ma peau fait la séparation entre le monde et mon corps comme la surface du sol avec ce qu’il y a en dessous » dit Alonzo et pour « Hueco » elle a scalpé la première surface d’un volcan –

Finalement, Gwladys Alonzo s’est engagée avec force et animalité dans cette substance mexicaine brûlante. Mais au fur et mesure, l’échelle monumentale de ses premières oeuvres s’est rétrécie. Les volcans peuvent aujourd’hui tenir dans ses mains comme si avec le temps, elle maitrisait la matière sereinement.

Anissa Touati